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  • : J'ai découvert en fouinant dans le grenier de ma grand-mère un vieux manuscrit espagnol datant du XVIe siècle. Poussé par la curiosité, je me suis lancé dans la traduction des aventures du chapelier Antonio de la Santa Crutcha dans le royaume de France...
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 13:23

Vu que je n'ai toujours pas de réseau sous la main... ni d'ordi... je vous poste l'article que j'avais fait pour le site des Fils de Besagne à l'issue du match RCT - Toulouse... c'est du réchauffé, je sais... j'ai honte... mais des fois, c'est bon la honte!


Souvenez-vous. Il y a quelques temps déjà, une chaîne de fast-food (pas celle avec le clown psychotique, l’autre), celle où sur présentation de votre d’abonné à Mayol, on vous offre un second burger pour l’achat d’un menu XL avait sorti le Michalak Burger. Du fromage, une bonne sauce, de la viande, un numéro 10 gravé sur le pain. Très bon… pour du fast-food. D’ailleurs, ladite chaîne avait sorti au même moment le Anelka Burger : poivré, avec de la salade… en quatre mots comme en un seul : moins à mon goût. Deux champions médiatiques, beaux gosses, avec il faut bien l’avouer beaucoup de talent (et un caractère bien trempé dans le bon et le mauvais sens du terme) donnant leur image à ce que politiquement correct a nommé « malbouffe » a de quoi interroger. En fait oui et non : on cherche à attirer une clientèle jeune, fan de sport… et avoir deux beaux mecs avec une image pas trop lisse, c’était au niveau marketing plus que bien joué. Car je me souviens encore avec une certaine nostalgie du bon goût du Michalak Burger. Je me disais : « Ce Michalak, il est beau, il transpire le rugby par tous les pores de sa peau, les filles le badent depuis qu’il a fait les Dieux du Stade… et son burger, il déchire trop sa race. Ce mec est définitivement énervant… » Enfin, tout ça pour dire que le Michalak Burger, c’est ma madeleine de Proust personnelle. Oui, nous sommes en 2009 et il faut vivre avec son temps…

D’ailleurs, revenons au 20 septembre 2009 et à ce match Toulon – Toulouse chez nos voisins Phocéens : un stade pas plein, la faute à la pluie qui avait balayé la Provence durant toute la semaine précédant le match… ou bien la faute à un refus d’une frange des supporters toulonnais d’assister à ce match délocalisé. Après une première mi-temps tendue et serrée conclue sur un score de 3 partout, ponctuée par l’exclusion temporaire de Davit Kubriashvili (qui a suscité une certaine incompréhension du public et fait que Fred Michalak fut pris en grippe par le public toulonnais), les rouges et noirs de la Rade prennent le dessus sur les rouges et noirs de la Ville Rose, après une pénalité et un drop de Jonny Wilkinson. A la 50ème minute du match, le capitaine toulonnais et idole de Mayol, Joe Van Niekerk fait parler toute sa classe, comme il le fera tout au long de la rencontre : il contourne la ligne de trois quarts toulousains, qui n’est rien moins que celle de l’équipe de France. Pensez donc : Vincent Clerc le feu follet, Cédric Heymans, le meilleur trois quart français, Maxime Médard, etc. Un trois contre un que l’ex Springbok joue parfaitement. Si la passe arrive à son destinataire, c’est l’essai, Toulon peut passer à 14 – 3 voire à 16 – 3. Toulouse prend l’eau et le doux parfum de la victoire peut commencer à arriver aux narines du public. Et là, le drame : Fred Michalak intercepte la passe et va marquer entre les poteaux après une course de 80m.
Tout était superbe : le mouvement toulonnais, l’interception doublement décisive car elle remet les toulousains dans le sens du match, leur permet de repasser devant et surtout, les sauve du doute. Joe Van Niekerk a fait un mouvement de très grande classe, tel que peu de joueurs seraient capables de faire et l’interception de Michalak était aussi un geste de très grande classe : de la prise de risque, de l’audace, du talent… du sens du jeu. Et cela, ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Cependant, Fred Michalak a cru opportun de faire un geste provocateur à l’adresse du virage sud. Et cela a provoqué les foudres du public toulonnais qui lui a adressé un standing ovation de fort mauvais aloi, comme y avaient eu droit JJ Crenca ou Rodrigo Roncero (deux superbes piliers au demeurant). Sur le coup, le Michalak Burger m’est revenu à l’esprit et j’ai compris pourquoi il avait pu donner son nom à un burger (qui n’est pas Schalk le Boucher) : je me suis dit que pour faire un geste pareil, à la fois un peu idiot et excessif il fallait avoir la tête comme un burger. J’ai pensé que sur ce coup-là, il avait réussi une véritable prouesse : être plus con que des milliers de supporters. Chapeau l’artiste, rideau, chronique terminée.


Sauf que… j’écris cette chronique 3 jours plus tard, avec le recul qui sied à toute bonne réflexion sur ce fait de jeu et surtout, sur ce qui aurait pu être un tournant du match. Alors, je vous l’annonce : je vais défendre Fred Michalak. C’est un immense joueur et ce qu’il a fait à la 50ème minute dimanche, son action, sa provoc, c’est la marque d’un vrai champion ! Déjà, il en fallait du talent pour faire cette interception… et puis, il en fallait du courage pour montrer à un public hostile qu’il ne s’en laissait pas compter… il fallait aussi un brin d’inconscience aussi, je le concède. Avec son geste provocateur qui concluait un exploit personnel, il a totalement relancé son équipe : un tempérament de feu, du leadership, de l’esprit de combat, de la rage de vaincre… il y avait tout d’un grand rugbyman et je pense que les noms d’oiseaux qu’il a dû entendre des bouches vociférantes du public étaient finalement injustes. Certes, sans ce geste superflu, le public n’aurait que moyennement apprécié cet essai assassin et contre le cours du jeu… mais je pense qu’on se serait évité ce moment peu glorieux à mettre à l’actif du public. Non, je ne fais pas de moralisme à 2 balles et non, je n’excuse pas cette provocation de Fred Michalak… je la comprends. Après tout, le rugby, ce n’est pas un sport de mecs lisses, même si, avec photoshop, des effets de lumière, des photos en noir et blanc sur le papier glacé d’un calendrier avec des messieurs tout nus, on nous véhicule une image faussée de ce sport. Non, le rugby, c’est un sport de mecs avec de la gueule, du courage, en un mot, un sport pour des hommes de caractère. Et à la 50ème minute, dimanche, on en a vu une preuve. Et si on peut considérer que Fred Michalak ne s’est pas grandi sur ce coup-là, on peut aussi considérer qu’il a été assez énorme par son talent et son excès. Serait-on devenus incapables à Toulon de voir un joueur talentueux et excessif, courageux et un poil inconscient s’il ne porte pas le brin de muguet sur le cœur ? Même si la réaction du public dimanche laisserait à penser le contraire, je pense que non. Je ne ferai pas comme le président Boudjellal hier chez Moscato, une démonstration « toulonnaise » (entendez par là, mâtinée de mauvaise foi) maos j’irai malgré tout dans son sens : Fred Michalak, c’est le genre de joueur qu’on aime avoir dans son équipe (et qu’on aime détester quand il est en face). Comme un Van Niekerk, un Wilkinson, un Mignoni, il est capable de remettre son équipe sur les bons rails par son seul talent, de changer la physionomie d’un match par un exploit. On l’avait oublié après une saison avec les Sharks où il avait été blessé. Certes, il avait remporté la Currie Cup… mais son retour à Toulouse n’avait pas été très convaincant, il faut bien l’avouer. Il était il faut l’avouer loin de son niveau qui a fait de lui l’un des meilleurs 10 français. Une façon pour lui de dire à tout le monde que LE Fred Michalak est de retour ? Une bête provoc’ sans lendemain ? Personnellement, j’espère pour lui qu’il commettra encore ce genre d’exploits au cours de cette saison (sans geste superflu cependant). Un essai de 80m… quand même c’est beau non ?


Pour parler d’autre chose de ce match et conclure cette chronique, je parlerai de Cédric Heymans. Concerné sur le dernier aplatissement dans l’en-but, où nous avons cru, qu’une nouvelle fois, les nôtres seraient crucifiés sur le fil et sentant la pression monter… et Fred Michalak en faire injustement les frais, il a commencé, avant la décision de l’arbitre, à serrer les mains des toulonnais. Dans le Virage Sud, on s’est dit : Si Heymans serre les mains, c’est que c’est fini, il n’y a pas essai. Cédric Heymans, comme tous ses coéquipiers toulousains a livré un combat de 80 minutes. Il n’a rien lâché, il a montré de la combativité ainsi que toute sa classe et pourquoi il est incontestablement LE meilleur trois quart français. Il a conclu le match en seigneur. LA CLASSE !

Par Titony - Publié dans : Rugby
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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /Août /2009 18:08



Les poissonnières... elles parlent fort avec un accent fort chantant, vantant leurs produits de la mer pêchés le matin même... dans la Rade, le Port (BEUARK!!!) ou... à Sainte Musse (un endroit où j'ai failli me faire embrocher un beau matin par un espadon mort). A Toulon, on les trouve souvent en bas du Cours Lafayette ou sur la fameuse place de la poissonnerie. Etant un fin gourmet et un amateur de ces petites (ou grosses) bestioles écailleuses (même s'il a fallu que des amis m'expliquent ce qu'est une bonite), il va de soi que j'apprécie beaucoup ces dames et que j'ai un immense respect pour cette profession.
Car c'est d'une autre espèce de femme qui parle fort, avec un accent chantant elle aussi que je m'en vais présentement vous parler. Il s'agit de la poissonnière qu'on trouve dans les travées de notre bon vieux stade Mayol: elle, contrairement à la vraie du Cours Lafayette, ne vante pas ses bons produits. En effet, elle ne sait faire que deux choses:
- critiquer les siens
- insulter adversaires et arbitres.

Sa caractéristique principale est qu'au bout de 5 minutes, elle est déjà insupportable. Vociférant, ne comprenant rien aux règles ni à ce qui se déroule sous ses yeux, ne sachant même pas qui joue sous les couleurs rouge et noir (vous me direz qu'avec 20 changements de joueurs par intersaison, une chatte n'y retrouverait pas ses petits), elle vous casse les oreilles. Elle profite qu'elle est bien cachée dans la tribune pour siffler et insulter l'adversaire. En l'occurence, il s'agissait lors du match amical contre le Racing, d'un certain Andrew, un ancien All Black, qui joue au poste de 10... pire que cela... un ancien toulonnais qui, en son temps (qui n'est pas si lointain) avait l'unanimité chez nous par:
- son professionalisme
- son implication
- son adaptation à Toulon
- son amour du club et de son histoire
- sa disponibilité auprès des supporters
- son efficacité au pied et son intelligence tactique
- en un mot comme un seul, sa toulonitude!
Car ce Andrew là, ce n'est pas n'importe qui. C'est, comme un certain Tana, lui aussi originaire de cet archipel situé aux antipodes et aussi grand joueur parmi les hommes en noir, un vrai seigneur qui a dû nous quitter sur un imbroglio à l'intersaison l'an passé. Et oui... sur ce coup-là, la poissonnière à laquelle je consacre ces quelques lignes, m'a vraiment fait honte. Car la poissonnière est aussi versatile, en plus de tous les défauts que j'ai précédemment cités. Jadis elle le badait, aujourd'hui, elle l'insulte... triste comportement n'est-il pas?
Enfin... je ne vois pas pourquoi je me pose cette question, étant donné qu'elle fait de même avec les joueurs qu'elle est supposée soutenir. Mais bon, étant donné qu'elle a au moins 30 ans de stade (en Bonnus B de surcroît), elle s'estime être une grande connaisseuse, voire une amoureuse transie et passionnée du RCT.
Un autre fait d'armes des poissonnières de Mayol, qui illustre qu'elles ne respectent rien, ce fut il y a 2 ans pour la première titularisation d'un grand brun nommé Victor, chèvre sauteuse de son état (entendez Springbok et non le fait que ledit Victor soit une chèvre): une minute de silence avait été demandée. Une en Lafontan hurle dans un Mayol où on entendait les gabians voler: "retournez vous, on veut voir les joueurs on a payé pour ça" . Une autre en Finale lui répond "ferme ta gueule pute!!!!". Oui, la poissonnière est aussi poète... et on la trouve dans n'importe quelle tribune!

Bien sûr, la poissonnière a son pendant masculin... le poissonnier. Il est identique en tout point: détestable et vulgaire et encore plus bruyant... et qui parfois se permet même sur les forums de faire les donneurs de leçon. Mais bon, comme on est au bord de la mer, c'est logique qu'on en trouve à Mayol. Mais peut être les gabians viendront en dévorer quelques un(e)s. Je concluerai ce petit laïus en citant un grand champion, qui n'est pas un homme mais qui est
Eric Cantona:
"When the Seagulls follow the trauler, it is because they know fish will be thrown into the sea..." ("Quand les mouettes suivent le chalutier, c'est qu'elles savent que du poisson sera jeté dans la mer.")

Par Titony - Publié dans : Rugby
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 18:13


Francesco Guicciardini -François Guichardin en français- (Florence 1483 - Arcetri 1540), était un historien, un philosophe, un diplomate et un homme politique florentin du XVIe siècle. Il fut ambassadeur auprès du roi Ferdinand d'Aragon entre 1511 et 1514, puis auprès du pape Léon X.
Il fut l'auteur de plusieurs ouvrages:

  • Storie fiorentine (de 1378 à 1509)
  • Considerazioni sui Discorsi del Machiavelli, (1527 - 1529)
  • Ricordi politici e civili
  • Dialogo del Reggimento di Firenze (de 1521 à 1526)


En 1514, il rédige un texte relatif à son ambassade auprès de Ferdinand d'Aragon, intitulé Relazione di Spagna (Texte intégral en italien, je n'ai pas pu remettre la main sur mon texte en français) dont le ton, fort acerbe et critique contribua aussi à la "Légende Noire" espagnole. Quoiqu'il serait plus judicieux de ma part de dire que ce texte en serait plutôt un des préludes. Il y décrit l'Espagne comme un pays arriéré, plein de Juifs et d'hérétiques qui sans l'Inquisition, cesserait vite d'être une nation catholique. "Se vedeva, non vi reparando, che in pochi anni Ispagna tutta arebbe lasciata le fede catolica" (Luis Diez del Corral, La monarquia hispanica en el pensiamento politico europeo (Madrid 1975).
Il est à noter que ce reproche sur le "mélange des religions" est un poncif au début du XVIe siècle (plus tard, il sera reproché aux Espagnols leur "fanatisme religieux"):
- Erasme doute qu'on puisse trouver beaucoup de chrétiens en Espagne, tant le pays est "infecté"  par le commerce avec les Juifs, les Turcs et les marranes.
- Luther dans ses Propos de table les présente comme des Juifs incrédules et des Maures baptisés.
- Le Pape Paul IV les traitait d'hérétiques, de schismatiques maudits de Dieu, de semence de Juifs et de Maures...

Dans sa Relazione di Spagna, Guichardin mentionne aussi les traits psychologiques supposés ou réels des Espagnols: fiers, fanfarons, hâbleurs que l'on retrouve dans les personnages du Capitan et de Matamore (le "tueur de Maures") de la Comedia dell' Arte.

Pour mieux comprendre cette ambassade de Guichardin en Espagne, je reprendrai le chapitre 3 que lui a consacré
Eugène Benoist dans Guichardin, historien et homme d'Etat italien au XVIe siècle. Le texte intégral de cet ouvrage publié en 1802 est visible ici: 

http://www.archive.org/stream/guichardinhisto01benogoog/guichardinhisto01benogoog_djvu.txt

Je me suis contenté de refaire la mise en page et de corriger les coquilles...

CHAPITRE III. SON AMBASSADE AUPRÈS DE FERDINAND-LE-CATHOLIQUE.


La mission qu'on lui confiait était des plus difficiles et des plus délicates. Florence et le duc de Ferrare se trouvaient alors les seuls alliés que la France eût conservés dans la Péninsule, tandis que les autres états italiens étaient entrés dans la Sainte Ligue conclue au mois d'octobre 1511. La république avait donc à craindre les attaques des Espagnols, des Vénitiens et du Pape, jaloux de l'affaiblir, et de s'agrandir à ses dépens. Cependant les Français eux-mêmes, privés de l'appui des Suisses , n'ayant aucun secours à espérer de l'impuissant et irrésolu Maximilien, ne songeaient guère à la défendre. L'Italie n'était pour eux qu'une conquête à exploiter, et les traités, qu'ils se faisaient chèrement payer, avec les diverses puissances, un moyen d'obtenir de l'argent. Enfin un malaise intérieur général minait sourdement Florence. L'interdit jeté par le Pape sur ses possessions, parce qu'elle avait un moment accueilli à Pise le conciliabule convoqué par Louis XII, sans avoir la même importance qu'au moyen âge, gênait les consciences et fournissait un prétexte aux auteurs des troubles. L'honnêteté du gonfalonier ne pouvait suppléer à son manque d'habileté et de vigueur, et sa popularité décroissait tous les jours. Guichardin nous trace , dans son Histoire*, une vive peinture de l'état des esprits dans Florence. Il nous montre, au moment où Louis XII cherche à obtenir des secours considérables, l'économie mal entendue des uns, la répugnance des autres à soutenir des alliés ingrats, les manœuvres habiles des ennemis de Soderini , qui, sous prétexte de

* Il s'agit de Francesco Gualterotti ; voyez (railleurs Guichardin lui-même dans sa Storia Fiorentina, Opère inédite, tom. III, p. 218. — i X, 3. — 2 X, 4*



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«le servir la cause de la république, veulent que l'on observe une neutralité qui doit, malgré leurs arguments, aliéner à Florence les deux partis ; enfin le gonfalonier lui-même, cherchant à convaincre au lieu d'agir, persuadé qu'il faut se déclarer pour la France, mais hors d'état de faire prévaloir son avis, et blessant, par ses hauteurs, les hommes les plus disposés à l'appuyer. On ne fournit au roi de France qu'un corps de troupes insuffisant , qui ne seconda pas Gaston de Foix à Ravenne 4 , et on s'excusa auprès du roi d'Aragon , froissant ainsi les deux partis, sans avantage immédiat ni éloigné. Guichardin ajoute, et nous voyons aussi dans l'Ammirato, qu'il ne recul point d'instructions détaillées pour tâcher d'adoucir les confédérés. Le résuitat, d'une telle politique n'était point douteux ; les Français eurent un moment l'avantage, grâce à la fougueuse bravoure et aux talents militaires de Gaston ; ils prirent Brescia ( 9 février 1512), et gagnèrent la bataille de Ravenne (11 avril) ; mais la mort de leur général et la dispersion de leur armée les rejetèrent au delà des Alpes, et les confédérés, maîtres de Bologne, de Gênes, de Milan, se tournèrent tous vers Florence.

Cependant Guichardin était parti au mois de janvier 1512. D'après son mandat, conçu en termes vagues et généraux, il devait invoquer le roi comme protecteur et défenseur de la république, en vertu d'un traité conclu en 1509, essayer de savoir ses desseins sur l'Italie et Bologne, de connaître le but de ses armements à Naples et ses vues sur la France ; enfin s'excuser sur toute proposition effective d'entrer dans la ligue. La route de France lui était conseillée 3 ; il la prit en effet. Sa correspondance nous fait assister à son passage en Provence et en Languedoc ; il traverse successivement Avignon (23 février 1512)* ; Villeneuve, où on l'arrête, et où on ne lui permet de

* Xardi, V. Non fù permesso dà Fiorentini, che le lor genti, délie quali documano servire il f e, intervenessero nel campo Francese et in quella fattioue. 
3 III , 300, e. — 3 Pièces historiques oh> I.
4 Ses lettres originales portent la date de 1511 , mais parce que Tannée Florentine ne commençait que le 26 mars. — Pour toutes ces citations, j'use de la légation publiée à Pise par M. Rosini, 1825, et des lettres inédites contenues dans la Filza 123 des Papier g Strozzi, aux archives des Uffizi.



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continuer sa route que grâce à des lettres ouvertes du ministre de Louis XII , à Florence, dont il est porteur ; Montpellier (26 février), et Narbonne (29 février). 11 arrive enfin à Ibéas, près de Burgos, le 2 mars, et , dans une lettre du 2 avril, rend compte à son frère Luigi de sa réception à la cour d'Espagne.

Alors commencent les embarras ; les circonstances sont difficiles 4. D'ailleurs souvent les lettres se perdent ou sont refusées parles courriers espagnols ; il faut en employer de spéciaux, et il est si rare d'en trouver qui soient exacts et fidèles. Et qu'apprendre à la cour d'Espagne? On y est secret, et l'on aime à tromper. Les grands événements de l'Italie ne sont communiqués à l'ambassadeur qu'après tous les autres. C'est ainsi qu'il apprend, le 4 mai, la nouvelle de la bataille de Ravenne 3, dont son père et l'un de ses frères lui envoient plus tard le détail, et la mort de Gaston de Foix. Cependant les faits se pressent ; les rapides succès de Raymond de Cardone, l'imprévoyance ou l'épuisement des Florentins, qui ne s'arment qu'au dernier moment, précipitent la catastrophe en Toscane. Les Espagnols saccagent Prato. Les mécontents (et parmi eux déjà se trouvent de ces esprits remuants que rien ne satisfera) profitent de la terreur que cause ce désastre pour troubler l'État ; ils chassent le gonfalonier Soderini, font avorter une tentative d'organisation aristocratique, à la tête de laquelle se place Giovanbattista Ridolfi, et l'on rappelle les Médicis qui seuls, maintenant, semblent pouvoir sauver la cité. Guichardin fut instruit de cette révolution par le roi d'Espagne qui , le 25 septembre, reçut de Cardone une lettre datée du 6. La dépêche de l'ambassadeur ne lui parvint qu'en octobre ; elle est datée du 8, et se répète le 24 septembre 5. On a reproché à Guichardin d'avoir trahi les intérêts de la république en cette occasion. Mais, quoique sans


1 Let. du 15 juillet 1512, du 23 avril 1513 , du 17 et 27 juin 1513, etc.
2 Let. du 7 septembre 1512. —
3 Elle est du 11 avril. Voir plus haut. La relation de son père et celle de son frère sont dans VArchivio Storico, vol. XV.
4 Baccio Valori, par exemple, l'ennemi personnel de Guichardin, dont le nom est signalé dans tous les mouvements.
5 Je donne celle du 24 septembre aux Documents Historiques à la fin du volume n« II; elle est plus complète. — «Pitti, Apologia de* Capucci*



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instructions particulières (la dernière missive de la république libre est du 16 août, et ne fut remise que trop tard), Guichardin avait su deviner une partie de ce qui se préparait. D'abord il avait, autant que la chose était possible, gagné la confiance de Ferdinand, et s était rendu compte de ses intentions. Dans une lettre confidentielle adressée à son père, lettre qui cependant devait, au besoin, être communiquée au gonfalonier, aux Dix de Balie, et surtout à Jacques Salviati, il l'avertit que le roi, tout en soutenant le Pape, est peu content de lui ; qu'il a des démêlés avec l'Angleterre ; qu'avec de la fermeté et du temps , s'il est possible d'en gagner, on pourrait en profiter 4 . Rien de tout cela ne servit. La tempête fut trop forte pour les mains débiles qui dirigeaient le gouvernail de l'État, et la révolution surprit l'ambassadeur, malgré ses informations et son habileté.

Elle ne causa point sa disgrâce. Sa famille, sans y avoir directement pris part, n'y perdit rien. Son père fut de la Balie des Cinquante-cinq, puis des Soixante-six, enfin du conseil des Septante de 4513, jusqu'à sa mort où son fils aîné Luigi lui succéda. Guichardin resta donc pour terminer les conventions que le nouvel état de choses rendait nécessaires avec Ferdinand.

En effet , la dépêche du 24 septembre lui annonce qu'il est confirmé dans sa mission. Mais il commençait à s'en dégoûter ; elle n'avait pour lui que peu d'intérêt. Avant la révolution, tout se faisait par l'ambassadeur de France ; depuis lors tout passe par Rome ; c'est la voie de Rome que prennent les courriers ; c'est l'ambassadeur de Rome, Jacopo Salviati, qui règle et décide tout avec les Médicis, tout puissants auprès du Pape. Aussi Guichardin demande son rappel à plusieurs reprises. Il s'adresse successivement à la seigneurie 3, et à Salviati son parent, en le priant d'entremettre son influence. Enfin, le 12 novembre 1512, 



1 17 septembre 1512. Les événements étaient accomplis; mais on les ignorait encore en Espagne.
2 II est le dixième sur cette liste, et représente le quartier Santo-Spirito. Voir Opère inédite di Guicciardini , II, p. 315, une note de M. Canestrini, et les Commentaires de Nerli, p. 116 et 127, édition d'Augsbourg, 1738.
3 17 juin 1513. —
4 29 juin 1513.



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on lui annonce que Jean Corsi, le fils d'un dès auteurs du mouvement d'août, doit lui succéder; mais il est en charge ailleurs ; il faut attendre qu'il ait achevé le temps de ses fonctions, ou qu'on ait pourvu à le remplacer. Cependant Guichardin assiste à la guerre de Navarre et aux grandes chasses du roi. Le 22 février 1513, il reçoit la nouvelle de la mort du pape Jules II, et, le 11 mars suivant , celle de l'élection du cardinal Jean de Médicis, sous le nom de Léon X. Le prudent politique s'empresse de le féliciter 4 ; puis, au milieu de ses ennuis et de ses embarras, il observe le pays, étudie ses ressources commerciales, s'en entretient par correspondance avec ses frères, leur donne des renseignements sur le commerce des Indes Orientales. Les affaires de Florence et de l'Italie sont aussi l'objet de ses préoccupations ; il reçoit les nouvelles, il envoie ses réflexions , rédige des mémoires sur la situation avant et après la chute de Soderini. Son esprit travaille toujours , et le danger ne lui échappe point. Dans une curieuse lettre du 27 juin 1513, il appelle l'Espagne une caverne de voleurs, et déplore que l'Italie devienne la proie des Français, des Allemands , des Espagnols et des Suisses. Le 4 juillet, il signale le projet conçu par Ferdinand de donner aux Suisses, alors brouillés avec Louis XII , une partie de la Savoie, pour élever une barrière contre la France 4. Les petits événements de la famille ont aussi leur tour ; il s'informe de la santé de sa mère et de sa femme : une lettre de son frère Girolamo, et une autre de son père lui apprennent que sa femme et sa belle- sœur viennent d'accoucher chacune d'une fille.

Enfin le 20 août 1513, Jean Corsi reçoit sa commission; elle n'est guère plus intéressante que celle de son prédécesseur. Elle roule sur la politique générale, enjoint au ministre de se plaindre des Lucquois, et de protéger les négociants Florentins établis dans le pays. Il est évident que le seul but de ceux qui gouvernent est d'entretenir un agent accrédité auprès de la cour 

1 2 avril 1513.
2 Voir, aux Documents Historiques, deux lettres du 17 et du 27 juin 1513.
3 Opère inédite, vol. II, p. 862 et 316. Discorsi 3<> et 4<>. —
4 C'est une mesure semblable qui, en 1815, neutralisa une partie de la Savoie.





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«d'Espagne. Le 8 octobre, Corsi arrive à Barcelonne, le 15 il est à Valladolid, et le 21 Guichardin avant son départ n'oublie pas de se recommander à Laurent de Médicis, alors duc d'Urbin, et désigné comme le futur régulateur des affaires après Léon X. Le 25 il reçoit son audience de congé, et la dernière dépêche à laquelle il prend part est du 31 octobre.

Quand il quitta l'Espagne, il reçut comme témoignage de la satisfaction de Ferdinand un présent d'argenterie de la valeur de cinq cents écus. C'était l'usage à cette époque, comme aujourd'hui se donnent les colliers et les cordons d'ordre. Ses ennemis pourtant n'ont pas manqué de le lui reprocher, et cette circonstance fournit à Jacques Pitti, dans son apologie des Capucci, l'occasion de lui intenter l'injuste accusation de s être laissé corrompre.

Il est permis de croire que ce voyage en Espagne dut avoir une influence considérable sur ses sentiments. La fréquentation du prince le plus habile, c'est à dire le plus perfide de FEurope, qui avait su ranger sous sa domination l'Espagne presque entière, avec une partie de l'Italie, et dont la mauvaise foi semblait toujours amnistiée par le succès, était plus qu'aucune autre capable de former à la politique telle qu'on l'entendait généralement au XVIe siècle, Guichardin compléta ainsi l'éducation qu'il avait commencée à Florence avec son père, et au milieu des troubles de la cité. Ses vues s'étendirent, s'approfondirent et se résumèrent en maximes générales. Nous devons donc sans aucun doute rapporter à cette période de sa vie plus d'un des préceptes qu'il inséra dans ses Ricordi, et qui sont comme le code de ses principes. 2

Qu'ajouterai-je encore? C'est au spectacle de l'activité politique dont il est le témoin, que l'ambition, dont il n'a ressenti jusque là que de légères atteintes, s'allume tout à coup dans son âme avec une telle ardeur qu'il se gourmande lui-même de n'avoir encore rien accompli qui soit digne de sa naissance, de 



1 Archivio Storico, vol. IV, part. Il, p. 3t8.
2 Ricordi, 273. II cite un usage de la politique de Ferdinand.




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son éducation, de son esprit. C'est en Espagne, qu'il a écrit ce discours si étrange et si vif, adressé à lui-même sur l'emploi qu'il a fait jusque là de ses talents, sur la façon dont il a répondu à la faveur,de ses concitoyens. En s' exhortant à la vertu, il s'invite en réalité à prendre rang parmi les hommes d'état ; il cherche à se faire illusion à lui-même; mais il est engagé déjà dans la voie qu'il suivra désormais. Ce discours est comme le manifeste de sa pensée, le programme de sa carrière. Il y proclame la puissance du bien ; il le cherche, à mon avis, de bonne foi ; mais il est déjà comme il le sera plus tard, la dupe de ses rêves de gloire et d'influence, des entraînements de sa situation, des exemples qu'il a sous ses yeux.
Par Titony - Publié dans : Focus sur - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 16:22

Comme vous l'aurez compris, après chaque rencontre de soule, on doit aller assister à la 3e mi-temps. Après les demi-finales, le Signore Mazzini avait décidé de mener tous ses amis chez un autre de ses amis, lequel se nommait Max Verola, à une soirée dans les catacombes.
Le lieu semblait assez insolite et son entrée l'était tout autant: sur le parvis de Notre Dame de Paris... rien que ça. J'avais encore un souvenir outré de ma dernière soirée organisée par le sémillant italien. Là... pour organiser une soirée dans un endroit pareil, cela ne pouvait que signifier que cette soirée serait inénarrable.
Jezabel sortit sa carte poney pour y échapper et nous dûmes la déposer à l'Hôtel de Bourgogne, dans sa nouvelle chambre de princesse. Enfin, d'après ce que Massimo lui avait fait entendre, ce n'était pas une soirée pour les dames... Lord Guerinshire, Cousin Dove et moi trouvâmes sans difficulté l'entrée desdits catacombes, le tout malgré la pluie battante qui balayait les rues sombres et boueuses. Ensuite, il fallait trouver un couloir rouge et le tour était joué.


Cependant, nous arrivâmes à une intersection... nous nous séparâmes:
- Lord Guerinshire à gauche
- Cousin Dove à droite
- moi au milieu (parce que le milieu c'est merveilleux).


J'étais fort trempé et ma cape génait considérablement ma vue. Cependant, au bout de quelques minutes, je distinguai nettement une lueur rouge qui en ce lieu aurait pu paraître irréelle. Alors que je m'apprêtai à me retourner pour aller signaler à mes deux amis que j'avais trouvé l'entrée de la soirée de Max Verola, la porte s'ouvrit dans mon dos et une silouhette encapuchonné me sussura d'entrer...
- Bonsoir Monsieur-Dame, je cherche des amis, dis-je fort embarrassé. Ils m'ont dit que je trouverais facilement. Ils m'ont dit qu'ils se réunissent pour organiser des choses un peu... spéciales.
- Ah ça oui, ça c'est c'est spécial...
-  Je sais pas... ils m'ont dit dans les catacombes... mais c'est vaste.
- Oui... les catacombes... enfin, c'est en bas quoi! Mais je pense que vous êtes au bon endroit.
- Je sais pas... j'ai perdu mon cousin.
- Votre cousin vous trouvera sans problème. Et qui sait... peut-être est-il déjà là. Qu'avez-vous donc, vous êtes timide? Vous avez peur des autorités?
- Non non... c'est parce qu'ils m'ont dit que c'est discret.
- C'est SECRET. Pas discret. Autrement tout le monde le sait et ce n'est pas le but recherché. Il y a même des gens de la cour...
- Ah bon!
- Allez entrez... vous ne serez pas déçu. Mais n'oubliez pas: il est interdit de montrer son visage.

En effet... je ne fus pas déçu du voyage. je pénétrai dans une antichambre humide et sombre, fuis je franchis une lourde porte bardée de fer qui donnait sur la partie haute d'une grande salle circulaire. En contrebas, un homme vêtu d'une grande mante rouge, qui je pense devait être Max Verola, le Maître de cérémonie, tenait un discours enflammé dont je ne saisis pas tout de suite le sens. Sa voix portait si fort qu'elle couvrait toute possibilité de conversation. C'était loin de ce que j'avais imaginé en arrivant. Cela me fit plus penser à une réunion de société secrète ou de quelconque clique de conspirateurs qu'à une soirée de débauche avec des hommes excentriques.




Fort de cette certitude, je décidai de questionner mon voisin de droite. Après tout, si un complot était ourdi si près du Louvre et avec des hommes de la cour impliqués de surcroît, je me devais d'en apprendre le plus possible sur le sujet, tout en empruntant des chemins détournés.
- Bonsoir, chuchotai-je.
- Salut. Répondit l'homme
- Alors? Ils sont tous de la soirée?
- Pardon?
- Ils sont tous de la soirée?
- Pas compris.
- Ils en sont tous?
- Evidemment!
- Ah bon? Et vous aussi, vous en êtes?
- Ben oui! Ca se voit pas?
- Bah non.
- On va aller là-bas. On s'entendra mieux.
...

- Par contre, toi, t'as vraiment pas l'air d'en être. Me dit-il avec un soupçon dans la voix. 
- A vrai dire, j'en suis pas depuis longtemps. En fait, je n'en suis pas vraiment encore. Je suis venu ici pour essayer d'en être mais je sais pas comment on s'y prend.
- Déjà, tu as trouvé le bon endroit pour ça. Tu as donc dû avoir l'information par un des nôtres. Mais tu verras, c'est facile d'apprendre. On peut s'en occuper.
- C'est gentil. Parce que moi, j'ai pas eu l'idée tout seul. On m'a un peu forcé la main.
- Maintenant, tu n'as rien contre?
- Ah non. Je suis même plutôt pour! Mais seulement, je suis pas un actif.
- Actif, passif, peu importe! Il faut de tout pour un complot de cette ampleur. C'est bien aussi de laisser faire les autres. Mais de toute façon, ce n'est pas ce soir qu'on va décider de qui va se charger de l'exécution.
- Remarquez, je suis pas maladroit, je sais faire des choses. Mais organiser quand on n'a pas l'habitude, ça ne donne rien de bon.
- Tinquiète pas. On est là pour organiser...
- Ouais, ça serait bien... C'est sympa!
- On retourne écouter? 
- Je veux bien...

Et là, ce fut le drame: un homme en noir s'approcha du maître de cérémonie et lui chuchota quelques mots. Ce dernier s'écria: "Il y a un intrus parmi nous! Comme il nous est interdit de montrer notre visage, je mets fin à cette réunion! Rendez-vous demain soir à l'endroit numéro 2!"
Une vague de panique traversa alors l'assistance qui se dispersa en moins de temps qu'il en faut à un usurier pour remarquer qu'il lui manque une pièce de huit. Je suivis le mouvement tout en remerciant le ciel d'avoir conservé mon manteau et ma capuche.
Cependant, ce fut avec un certain soulagement que je parvins à enfin sortir seul sur le parvis de la cathédrale de Paris. Là, à quelques pas seulement, je vis mes deux comparses, le teint tout aussi blème que moi. Je m'enquis d'eux et ils me répondirent que plus jamais ils ne mettraient les pieds dans une soirée de Max Verola. Quant à moi, j'attendis d'être en sécurité chez nous, d'avoir réveillé ma belle et son père pour leur raconter ce dont j'avais été bien malgré moi le témoin...

Par Titony - Publié dans : Récit
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 16:54

Je vous vois venir bande de chenapans... Vous vous dites que je suis tombé dans le graveleux avec ce titre. Je vous arrête immédiatement, tel que l'aurait fait le lieutenant d'alguazils Armando  Del Potro ou l'inquisiteur général Fernando de Valés y Salas. Pas de ça chez nous...
Non... ce titre s'explique par une discussion que j'avais eue pendant les travaux de la chambre de princesse de Jezabel avec mes deux comparses William et Dove. Une conversation sur les femmes et le meilleur cadeau à leur offrir. Cette conversation avait ensuite dévié sur les moyens de séduction. A la froide et intelligente logique du Lord, Cousin Dove avait opposé un concept radicalement novateur: le marketting. Je n'ai pas tout compris mais grosso modo, il faut adopter une formule tape-à-l'oeil, courte et simple pour attirer le chaland. Ca fonctionne parfois avec les femmes et ça peut servir à tout vendre...
"Moi, pour séduire, je n'ai nul besoin de long discours ou de compliment galamment tourné. Il me suffit de dire que j'ai 27 centimètres de viande kascher dans mon pantalon que le Tout Puissant a placé là pour assouvir les plaisirs des dames et le tour est joué! J'emballe comme personne!" nous avait dit mon cousin... Personnellement, je ne vous conseillerais pas de tenter le coup avec une grande dame...

Enfin, faisons fi de ces ennuyeux prolégomènes et entrons dans le vif du sujet: les demis finales du Tournoi de Soule. Vous vous souvenez que ces rencontres devaient opposer les Catalans aux Sarrazins d'une part et le Stade Français aux Corsaires de la Rade d'autre part. 

Or donc voici que nous nous retrouvions une nouvelle fois dans la tribune de bois au milieu de tout le gratin parisien, en compagnie du sémillant Massimo Mazzini, de son Altesse le Duc d'Anjou et sous le regard torve de Sir fancis Walsingham. Je sentis tout le malaise de Lord Guerinshire, sans pour autant comprendre pourquoi il craignait tant cet individu...

Je le compris par la suite: cet homme était plus fourbe, plus retors, plus froid, plus rancunier, plus vil, plus méchant (en un mot comme un seul: Anglais) que tout le Tribunal du Saint-Office réuni... et ce n'était pas peu dire. Cependant, je me refuse de dévier de mon sujet initial, lequel est beaucoup plus léger pour déflorer trop prématurément des éléments ultérieurs de ce récit.
Cependant, ce fut avec grand plaisir que nous retrouvâmes notre fantasque ami italien, lequel était à lui seul tous les personnages de la Comedia dell'arte: tantôt Arlequin, Scaramouche, Mascarille, Pantalon, Covielle... mais ni Capitan ni Matamore, quoiqu'il en eût parfois le caractère fanfaron (après tout, les Italiens avaient créé ces deux personnages pour nous caricaturer nous autres espagnols qui à l'époque, étions les maîtres des deux Péninsules).

Ce fut donc dans la joie et la bonne humeur que la première demi-finale débuta. Je remarquais immédiatement que les Catalans avaient un nouveau joueur: une sorte d'arme secrète, un géant hirsute que je reconnus immédiatement pour l'avoir croisé une nuit dans le Morvan. BASAJAUN! Décidément, pour faire rendre gorge à ces ignobles hérétiques sans honneurs, qui au lieu de nous combattre sur le champ de bataille se livraient à une course impitoyable contre notre flotte de l'or, les Catalans employaient tous les moyens possibles. Et je ne les aimais que plus...
Les Sarrazins abandonnèrent le terrain au bout de vingt minutes seulement. S'ils étaient courageux, ils furent totalement dépassés par l'ouragan sang et or qui s'abattit sur eux. Un équipage de Janissaires à l'abordage d'une galère de l'Ordre de Malte n'aurait pas fait pire. Il n'y eut fort heureusement pas de mort à déplorer mais une bonne moitié de l'équipe ne mangerait plus que de la soupe pendant plusieurs mois après ce carnage. Fallait-il se réjouir de cette parodie de match? Pas vraiment... Mais bon, en tant qu'Espagnol, je ne pouvais qu'apprécier de voir des hommes de la perfide Albion ainsi châtiés par les nôtres.

Le match suivant devait opposer mes amis toulonnais aux parisiens, l'équipe favorite de Cousin Dove. Massimo Mazzini nous avait promis "una sorpresa meravigliosa. Costumi da bagno come voi n' ne hanno mai visto."  Grosso modo, il voulait dire: un truc encore plus moche que la dernière fois, comme si c'était possible. Un pour la première mi-temps, un pour la seconde. Et une bonne image valant mieux qu'un long discours:


Je me demande encore comment il avait réussi à faire imprimer un truc pareil sur des tabards de soule... Mais l'Italien était impresionnant de créativité, il fallait bien le lui reconnaître.
Outre Dimitri Loréalevitch et El Mago, le Stade Français avait pas mal d'atouts: Ignacio Corletto (un moine italien défroqué), Rodrigo Roncero (un Espagnol qui avait passé 10 ,ans sur les galères), Marc le Gazier, le Père Noël (un chanoine de Notre Dame de Paris)... et le ridicule de leur acoutrement ne faisait que les rendre plus redoutables.

Pour les Corsaires de la Rade:
1 Gu "le Nervi"
2 "La Brique"
3 Aldo "le Borgne"
4 "Le Tigre"
5 Firmin "Dents de Plomb"
6 "Le Grand"
7 "Le Sicilien"
8 "L'Indien"
9 "Le Patron"
10 Ange "Chausseur de Cailloux"
11 André "le destroncheur"
12 Hamish Mac Enroe
13 Mani Sapapaya
14 Gu "le Fatigué" (alias Hong Kong Foufou)
15 Theostikos Andreopoulos

Inutile de préciser que cétait là la fine fleur des poètes et autres gentilshommes de fortune qui peuplaient la cité toulonnaise. On les avait surnommés "La Horde Sauvage" tant ils avaient causé de dégâts dans les tavernes parisiennes ces derniers temps. D'ailleurs, pour plus de commodités, les autorités locales avaient décidé de les loger en un lieu où ils seraient bien traités, parmi la fine fleur des nobles prisonniers du Royaume de France: dans la Bastille. Les alguazils avaient décidé de ne les libérer que pour les jours de match et les Corsaires de la Rade  s'accomodaient fort bien de leur sort, étant donné qu'ils avaient tout ce qu'ils voulaient .

Le match en lui même fut assez plaisant... quoique les Corsaires, ayant par trop abusé de pastis, d'aïoli, d'anchoïade, de tapenade, de ribaudes eurent du mal à entrer dans le match. El Mago avait trouvé le chemin des poteaux à trois reprises tandis que le Rodrigo Roncero était allé à dame. C'était donc sur un bien peu flatteur 14 à 0 que les deux équipes firent une pause. Les supporters toulonnais étaient circonspects mais rien n'y avait fait. Les Corsaires n'étaient que l'ombre d'eux-mêmes.
Le match reprit: coup d'envoi parisien, un toulonnais à le réception. Celui-ci prend la foudre. Coup de sifflet. Là, il met du temps à se relever et on entend dans le silence: "Tu te prends pour une chèvre???!!!! Relève-toi, plastrasse, tu vas abîmer la pelouse!!!!" Seule une vieille femme échevelée était capable de tenir des propos pareils... et cela eut son effet. Sur la mêlée, le pack parisien explosa littéralement à l'impact, reculant sur plus de 50 mètres. La machine toulonnais venait de se mettre en branle. Comme me le dit un voisin de tibune, un chauve au regard vide: "les mouches ont changé d'âne, la cabanne est tombée sur le chien et ces ignobles voyous vont gagner". Encore un qui avait sa place au fond de la Rade me dis-je. L'essai fut transformé. 14 à 7! Là, on y croyait de nouveau, et je me mis à pousser à l'ubisson du public rouge et noir, au grand désespoir des gens dans la tribune...
El Mago, auparavant digne de son surnom, ne faisait plus de passe à la main, rendant la balle à ses adversaires par des coups de pieds hasardeux. La peur le rongeait, il n'était plus bon à rien. Gu le Fatigué alla à dame en enrhumant cinq adversaires. 14 partout. puis 14 à 19 en faveur des Corsaires à la suite d'un essai en coin d'André le destroncheur. La fin du match fut une boucherie... et se solda par la victoire des vaillants toulonnais 37 à 14. Le terrain fut envahi par la foule en délire tandis que les nobles mangeaient leurs chapeaux...

Par Titony - Publié dans : Récit
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