Partager l'article ! Où on se perd en malentendus puis qu'on se rend au Louvre et qu'on dresse le portrait du Roi de France...: Après avoir découv ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Après avoir découvert les joies et les misères de la Normandie, notre retour à Paris fut des plus tranquille... Pluie du matin ne faisant pas la joie du margoulin, nous n'eûmes même pas le loisir de croiser le fer avec qui que ce soit. Vous comprendrez donc aisément que je vous fasse grâce d'une longue et fastidieuse relation des villages et des champs de navets traversés par notre noble équipée.
Il va sans dire que nous évitâmes une fois de plus de passer par Saint Denis où notre précédente visite touristique avait tourné au carnage (Voir plus haut)...
Or donc, la nuit était déjà fort avancée lorsque nous regagnâmes nos quartiers de l'Hôtel de Bourgogne et l'air peu amène de Don Sancho était annonciateur d'un drame futur.
- Buenas noches Don Sancho, vous me semblez un brin chafouin.
- Hijo Quagmire, ¿qué has hecho a mi hija? Ella mantuvo la habitación a través de su ausencia! Si usted tuvo la desgracia de tocar, te mato!
- Señor Sancho, je ne vois pas de quoi vous voulez parler?
- ¿Cómo te atreves a negarlo?
Je voyais Jezabel me faire de grands signes pour qu'au pire, je me taise... ou qu'au mieux, je donne raison à son père et fasse amende honnorable. Tandis que dans mon dos, Cousin Dove et Lord Guerinshire riaient sous cap à mes dépens...
- Ustedes, los dos cómicos, cállate!
- Don Sancho, si vous pouviez vous emporter en Français, ce serait mieux. Car dans votre colère, vous massacrez notre noble langue, dis-je en courbant l'échine.
- C'est toi que je vais massacrer.
- Je veux bien épouser votre fille mais je vous jure sur la tombe de mon père, qu'elle n'est pas grosse.
- A la bonne heure! Maintenant, buvons pour fêter ça.
Velázquez, El aguador de Sevilla, 1619-1620, Huile sur toile (106x82 cm.) Musée Wellington, Londres.
Après le repas, Jezabel et moi nous retirâmes dans sa suite de princesse. Elle se confondit en excuses pour l'attitude de son père, m'avouant qu'elle non plus, ne voulait pas trop précipiter les choses... Ce qui, en langage de dame, signifiait qu'elle ne me mettait pas de pression mais que je serais fort inspiré de me décider à demander sa main avant les calendes grecques... J'étais donc cerné entre deux sentiments contradictoires: m'engager ou conserver ma liberté... Choix épineux s'il en était.
Le lendemain, un coursier aux armes du Duc d'Anjou se présenta de bonne heure avec un message qui nous était destiné à tous: ordre nous était donné de nous rendre à midi au Louvre pour être introduits auprès du Roi. Je conservais un souvenir terrifié de ma rencontre avec mon souverain Philippe, lequel avait pourtant fort mauvaise réputation... mais Charles IX, réputé instable, me terrifiait au plus haut point. Et au vu de nos exploits respectifs je n'attendais que le pire...
Le Duc d'Anjou eut la bonté de nous accompagner jusqu'à la salle du trône où le Roi était flanqué de sa mère, Catherine de Médicis, sorcière italienne qui tenait ses fils sous sa coupe. Femme d'un roi et mère de trois autres... vous en dresser le portrait me prendrait des heures et n'aurait aucun intérêt dans ce récit.
Portrait de Charles IX, d'après François Clouet, Versailles, Musée du Château
Charles IX succéda à son frère François II en 1560 et n'avait que 10 ans, ce qui le força à confier la régence à sa mère. Il occupait le trône depuis donc douze ans à l'époque de mon voyage en France. Le règne de son frère ne dura qu'un an et demi mais c'est au cours de celui-ci que les Guise gagnèrent de l'influence dans le Royaume de France.
Le jeune homme de 22 ans qui nous faisait face avait épousé en 1570 Elizabeth d'Autriche, fille de Maximilien II et d'Isabelle d'Espagne (soeur de Philippe II d'Espagne), ce qui a priori pouvait le rendre fréquentable. Cependant, il préférait la compagnie d'une certaine Marie Touchet, que certains décrivent comme très belle "le visage rond, les yeux vifs et bien fendus, le front plus petit que grand, le nez d'une juste proportion, la bouche petite et le bas du visage admirable. Elle était en outre spirituelle et enjouée". Cependant, pour l'avoir vue de mes propres yeux, je considère qu'elle était quelconque. Je rappelle que certains scribouillard se disant poètes avaient composé l'anagramme suivante à partir de son nom: "Je charme tout". Toute cette digression pour vous faire comprendre à quel point cette femme ensorcelait les hommes... ou combien les poètes sont prêts à tout pour être dans la faveur du Roi.
Or donc, Charles était un homme jeune, de santé médiocre, amoureux des lettres et passionné de chasse, exercice dans lequel il montrait parfois un plaisir malsain à tuer des animaux. Si ces traits étaient plutôt grâcieux, son regard avait le don de vous mettre mal à l'aise. Un homme sombre, aimant le sang, ne supportant pas la contradiction... un homme jaloux de son frère, le Duc d'Anjou, lequel était fort bien fait de sa personne et de meilleure composition. Charles IX était un homme nerveux, agité, imprévisible, prenant des décisions parfois contradictoires suivant les pressions exercées par son entourage.
Nous nous inclinâmes devant cet auguste personnage qui fit en notre présence preuve d'une cuistrerie peu royale quand il congédia un de ses officiers d'un "casse-toi pauv'con" fort malséant.
Sa conversation se résuma à un embrouillamini tout à fait inintéressant qui fut conclu par une invitation à une partie de chasse devant à avoir lieu le lendemain de la finale du Championnat de France de Soule, soit, le lundi suivant.
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