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  • : J'ai découvert en fouinant dans le grenier de ma grand-mère un vieux manuscrit espagnol datant du XVIe siècle. Poussé par la curiosité, je me suis lancé dans la traduction des aventures du chapelier Antonio de la Santa Crutcha dans le royaume de France...
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Rijksmuseum

Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 21:21

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/65/Juan_de_Herrera.jpg

 

Biographie:

Juan de Herrera était un architecte, mathématicien et géomètre espagnol, considéré comme le représentant le plus important de l'architecture espagnole de la Renaissance. Il est né à Movellan (en Cantabrie) en 1530 et est mort à Madrid le 15 janvier 1597. Son style architectural à la fois sobre et sévère, nommé "herreriano" en son honneur, est représentatif du règne de Philippe II (Règne: 1556 - 1598) et influence fortement l'architecture espagnole au cours du XVIIe siècle. Son oeuvre majeure est le monastère de l'Escorial, centre du palais du même nom, dont l'architecte originel fut Juan Bautista de Toledo. Herrera lui succède à sa mort en 1567 et achève l'ouvrage en 1584.


En homme de la Renaissance, il manifeste un intérêt pour diverses branches du savoir et manifeste un goût pour l'aventure et un attrait pour la nouveauté, notamment par sa participation aux campagnes militaires de Charles Quint (dans les terres d'Empire, en Flandres et en Italie) ou sa rédaction de deux traités:

- Discurso sobre la figura cubica.

- Libro del saber de astronomia.

 

Juan de Herrera est issu d'une famille d'Hidalgo, petit-fils de Ruy Gutiérrez de Maliaño y Herrera, seigneur de Maliaño, cette position sociale aisée lui permet de suivre des études d'Humanités et Philosophie à l'Université de Valladolid.

A la fin de ses études, en 1548, il s'engage parmi les chevaliers de la suite Philippe et suit ce dernier lors de son voyage en Italie, dans l'Empire et en Flandres. En 1553, il participe en tant que soldat à la campagne de Charles Quint en Flandres, qui l'oppose au roi de France Henri II. Il suivra l'Empereur dans sa retraite eu monastère de Yuste en 1556.

 

A la mort de Charles Quint en 1558, il passe au service de Philippe II, sous l'égide duquel il fera la totalité de sa carrière. Il est en charge de l'éducation de Don Carlos, infant d'Espagne. Durant cette période, il copie les figures astronomiques de son Libro del saber de astronomia, dont il achève la rédaction en 1562.

Le 18 février 1563, il est au service de Juan Bautista de Toledo, auteur du projet initial de l'Escorial. En 1572, il assume officiellement la direction des travaux et achève le palais en 1584. En 1579, Philippe II le nomme Inspecteur des monuments de la Couronne, ce qui assure l'expansion de son style architectural défini à l'Escorial. En 1583, il fait partie des fondateurs de l'Académie de mathématiques et de dessin (ancêtre de l'Académie Royale des sciences exactes, physiques et naturelles), dont il est le premier directeur.

Il tombe gravement malade en 1594, ce qui le contraint à cesser ses activités. Il meurt en 1597 à Madrid et est enterré dans l'Eglise San Nicolas de los Servitas. Conformément à ses volontés exprimées dans son testament de 1584, sa dépouille est désormais dans l'église Saint Jean-Baptiste de Maliaño.

 

Oeuvre architecturale:

Il travaille en 1561 sur le Palais Royal d'Aranjuez. En 1583, il est au service de Juan Bautista de Toledo sur le chantier de l'Escorial. A la mort de celui-ci, il en modifie les plans, change la décoration de l'église ainsi que le tracé de la façade, renforçant ainsi le caractère austère de l'édifice.

Il applique ses principes architecturaux à ses autres travaux, notamment la façade sud de l'Alcazar de Tolède, la Cathédrale de Valladolid.

 

Il marque une rupture avec le style "Plateresque" et ses façades chargées. Les proportions rigides, les motifs géométriques décoratifs deviennent des éléments incontournables de l'architecture espagnole du XVIIe siècle. Il influencera notamment Juan Gomez de Mora, neveu de l'architecte Francisco de Mora, à qui on doit entre autre la Plaza Mayor de Madrid (dont les plans initiaux furent exécuté par Herrera).

 

Repères Biographiques:

1530 Naissance à Movellan
1548 Visite l'Italie, la Flandre et l'Empire dans la suite de l'Infant Philippe 
1553 Participation à la campagne de Flandres de Charles Quint
1562 Publication du "Libro del saber de astronomía" 
1563 Participation aux travaux de l'Escorial sous la direction de Juan Bautista de Toledo 
1567 Succède à Juan Bautista de Toledo  
1579 Inspecteur des Monuments de la Couronne 
1583 Dirige l'Académie de mathématiques. 
1594 Tombe gravement malade et cesse ses activités 
1597 Mort le 15 janvier à Madrid


Sources: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Juan_de_Herrera

 


Par Titony - Publié dans : Focus sur - Communauté : Passion Histoire
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Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 17:02

 

Après avoir découvert les joies et les misères de la Normandie, notre retour à Paris fut des plus tranquille... Pluie du matin ne faisant pas la joie du margoulin, nous n'eûmes même pas le loisir de croiser le fer avec qui que ce soit. Vous comprendrez donc aisément que je vous fasse grâce d'une longue et fastidieuse relation des villages et des champs de navets traversés par notre noble équipée.

Il va sans dire que nous évitâmes une fois de plus de passer par Saint Denis où notre précédente visite touristique avait tourné au carnage (Voir plus haut)...

 

Or donc, la nuit était déjà fort avancée lorsque nous regagnâmes nos quartiers de l'Hôtel de Bourgogne et l'air peu amène de Don Sancho était annonciateur d'un drame futur.

- Buenas noches Don Sancho, vous me semblez un brin chafouin.

- Hijo Quagmire, ¿qué has hecho a mi hija? Ella mantuvo la habitación a través de su ausencia! Si usted tuvo la desgracia de tocar, te mato!

- Señor Sancho, je ne vois pas de quoi vous voulez parler?

- ¿Cómo te atreves a negarlo?

 

Je voyais Jezabel me faire de grands signes pour qu'au pire, je me taise... ou qu'au mieux, je donne raison à son père et fasse amende honnorable. Tandis que dans mon dos, Cousin Dove et Lord Guerinshire riaient sous cap à mes dépens...

 

- Ustedes, los dos cómicos, cállate!

- Don Sancho, si vous pouviez vous emporter en Français, ce serait mieux. Car dans votre colère, vous massacrez notre noble langue, dis-je en courbant l'échine.

- C'est toi que je vais massacrer.

- Je veux bien épouser votre fille mais je vous jure sur la tombe de mon père, qu'elle n'est pas grosse.

- A la bonne heure! Maintenant, buvons pour fêter ça.

 

 

Velázquez, El aguador de Sevilla, 1619-1620, Huile sur toile (106x82 cm.) Musée Wellington, Londres.

 

Après le repas, Jezabel et moi nous retirâmes dans sa suite de princesse. Elle se confondit en excuses pour l'attitude de son père, m'avouant qu'elle non plus, ne voulait pas trop précipiter les choses... Ce qui, en langage de dame, signifiait qu'elle ne me mettait pas de pression mais que je serais fort inspiré de me décider à demander sa main avant les calendes grecques... J'étais donc cerné entre deux sentiments contradictoires: m'engager ou conserver ma liberté... Choix épineux s'il en était.

 

Le lendemain, un coursier aux armes du Duc d'Anjou se présenta de bonne heure avec un message qui nous était destiné à tous: ordre nous était donné de nous rendre à midi au Louvre pour être introduits auprès du Roi. Je conservais un souvenir terrifié de ma rencontre avec mon souverain Philippe, lequel avait pourtant fort mauvaise réputation... mais Charles IX, réputé instable, me terrifiait au plus haut point. Et au vu de nos exploits respectifs je n'attendais que le pire...

 

Le Duc d'Anjou eut la bonté de nous accompagner jusqu'à la salle du trône où le Roi était flanqué de sa mère, Catherine de Médicis, sorcière italienne qui tenait ses fils sous sa coupe. Femme d'un roi et mère de trois autres... vous en dresser le portrait me prendrait des heures et n'aurait aucun intérêt dans ce récit.

 

 200px-CharlesIX.jpg

 

Portrait de Charles IX, d'après François Clouet, Versailles, Musée du Château

 

Charles IX succéda à son frère François II en 1560 et n'avait que 10 ans, ce qui le força à confier la régence à sa mère. Il occupait le trône depuis donc douze ans à l'époque de mon voyage en France. Le règne de son frère ne dura qu'un an et demi mais c'est au cours de celui-ci que les Guise gagnèrent de l'influence dans le Royaume de France.

Le jeune homme de 22 ans qui nous faisait face avait épousé en 1570 Elizabeth d'Autriche, fille de Maximilien II et d'Isabelle d'Espagne (soeur de Philippe II d'Espagne), ce qui a priori pouvait le rendre fréquentable. Cependant, il préférait la compagnie d'une certaine Marie Touchet, que certains décrivent comme très belle "le visage rond, les yeux vifs et bien fendus, le front plus petit que grand, le nez d'une juste proportion, la bouche petite et le bas du visage admirable. Elle était en outre spirituelle et enjouée". Cependant, pour l'avoir vue de mes propres yeux, je considère qu'elle était quelconque. Je rappelle que certains scribouillard se disant poètes avaient composé l'anagramme suivante à partir de son nom: "Je charme tout". Toute cette digression pour vous faire comprendre à quel point cette femme ensorcelait les hommes... ou combien les poètes sont prêts à tout pour être dans la faveur du Roi.

 

Or donc, Charles était un homme jeune, de santé médiocre, amoureux des lettres et passionné de chasse, exercice dans lequel il montrait parfois un plaisir malsain à tuer des animaux. Si ces traits étaient plutôt grâcieux, son regard avait le don de vous mettre mal à l'aise. Un homme sombre, aimant le sang, ne supportant pas la contradiction... un homme jaloux de son frère, le Duc d'Anjou, lequel était fort bien fait de sa personne et de meilleure composition. Charles IX était un homme nerveux, agité,  imprévisible, prenant des décisions parfois contradictoires suivant les pressions exercées par son entourage.

 

Nous nous inclinâmes devant cet auguste personnage qui fit en notre présence preuve d'une cuistrerie peu royale quand il congédia un de ses officiers d'un "casse-toi pauv'con" fort malséant.

Sa conversation se résuma à un embrouillamini tout à fait inintéressant qui fut conclu par une invitation à une partie de chasse devant à avoir lieu le lendemain de la finale du Championnat de France de Soule, soit, le lundi suivant.

 

Par Titony - Publié dans : Récit
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 14:32
Ceci est une traduction de l'article original disponible en Anglais ou en Espagnol sur le site du Musée du Prado.

http://www.museodelprado.es/uploads/pics/Pareja_armas_01.jpg
Portrait de Charles Quint en armure, Juan Pantoja de la Cruz (1553-1608). 1608, huile sur toile 181,5X96. Patrimoine National. El Escorial, Monastère Royal de Saint Laurent.
Armure de la Parure de Mühlberg de l'Empereur Charles Quint, Desiderius Helmschmid (v.1513-1579), Augsbourg, 1544.


L'Art du Pouvoir: L'armurerie royale et les portraits de cour.

Suivant l'exposition intitulée L'Art du Pouvoir: Armures Royales et Portraits de l'Espagne Impériale, de la National Gallery of Art à Washington en 2009, en 2010, le Musée du Prado organisera L'Art du Pouvoir: Armes, Armures et Peintures de la Cour d'Espagne. L'exposition comprendra une sélection impressionante d'objets prêtés par l'Armurerie Royale de Madrid, confrontée à un ensemble de peintures majeures qui révèle comment les grands artistes de cette époque transcendaient les armes et armures quand ils représentaient le pouvoir de la monarchie Espagnole de la renaissance. L'exposition donne une occasion unique de contempler un ensemble de chefs-d'oeuvres qui ne pouvaient qu'être réunis au Prado, le tout sur le thème du portrait en armure.

Fondée à l'apogée de la splendeur et du pouvoir de la monarchie Espagnole, l'Armurerie Royale de Madrid est la plus ancienne du monde. Largement alimentée par l'Empereur Charles Quint (1500- 1558) et son fils Philippe II (1556-1598), elle renferme non seulement les armes et armures personnelles des monarques Espagnols, mais aussi un grand nombre et trophées militaires ainsi que des cadeaux diplomatiques et familiaux.



La vidéo de présentation de l'exposition. Commentaires par Alvaro Soler del Campo, Conservateur en chef de l'Armurerie Royale de Madrid (Patrimoine National).


Plus détails sur le contenu de cette exposition sur Art Aujourd'hui.



Ca donne envie, non?
Par Titony - Publié dans : Intermèdes - Communauté : Passion Histoire
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 12:01
Les Parisiens ont depuis peu développé un goût immodéré pour les bains de mer. Chose surprenante quand on sait à quel point les Français sont des gens à l'hygiène plus que douteuse... En effet, quel Français adulte a pris plus de trois bains dans toute sa vie (enfin, sans compter les chutes accidentelles dans les ruisseaux)? Certains paysans, lors de mon voyage vers Paris (voir dans les chapitres précédents... même si dans lesdits chapitres, cette réflexion n'a pas été retranscrite) me disaient qu'ils avaient dû condamner les puits de leur village le jour où un d'entre eux était tombé dedans, de peur de la peste, de la variole, des scrofules ou de la myxomatose (la maladie du lapin: celle qui vous donne les yeux rouges et fait de vous, messieurs, le Usain Bolt de l'amour).
Enfin, je décidai fort sagement de ne point pousser plus avant ma réflexion sur cette énième contradiction française. Et, comme le cousin Dove me l'avait dit: "Aller passer une fin de semaine (Chabbat plus Jour du Seigneur) en Normandie, c'est la chose la plus tendance à Paris en ce moment."  Les doutes exprimés par Lord Guerinshire ne firent que me confirmer que l'idée de mon cousin était vraiment mauvaise. Il lui répondit: "Aller se baigner en Normandie en hiver, même nous autres Anglais, n'oserions le faire. L'eau est gelée, il y a de la neige sur le sable et on risque de se faire attaquer par des pingouins rendus fous par le froid polaire qui y règne." Quant à Jezabel, elle déclina poliment l'offre en nous disant qu'elle préférait rester avec son père et que passer deux jours entre hommes ne nous ferait pas de mal. Une fois de plus, j'étais cerné.

Le voyage entre Paris et un petit village pittoresque nommé Sainte Mère Eglise se passa sans encombre notable, si ce n'est une classique tentative infructuteuse de dépouillage par des brigands que nous mîmes prestement en déroute par la grâce du fer et du pistolet. L'accueil que nous reçûmes dans ledit village fut assez étrange. Poli et distant. Une chose notable était le froid polaire qui régnait dans cette contrée peuplée de vaches, de poiriers et de pommiers. Pour se réchauffer, les habitants font une consommation industrielle d'un breuvage nommé calva, un alcool qui vous retourne tripes et cerveau et dont l'abus est très dangereux. Autre détail surprenant était l'homme accroché au clocher de l'église un dénommé John Steele.

Utah_Beach.jpg
Après un repos bien mérité, nous nous mîmes en quète du chemin qui nous mènerait vers la mer, bravant la bise et la pluie qui nous fouettait les chairs. Inutile de vous dire que si Cousin Dove n'avait pas été de ma famille, je l'aurais maudit sur sept générations. Je comprenais pourquoi les plages normandes, contrairement aux plages de mon pays l'Espagne, n'étaient pas prises d'assaut par des milliers de touristes chaque été. Nous fûmes interrompus dans notre marche par le claquement caractéristique d'un coup de tromblon. Lord Guerinshire laissa échapper un juron dans sa langue natale qui sembla intriguer notre agresseur: un vieillard borgne, hirsute et à moitié édenté, dont l'haleine fétide aurait pu tuer un poney syphilitique d'un seul souffle. Il était par ailleurs flanqué d'un chien qui avait dû être blanc, vu qu'il avait la peau rose, des pustules et des touffes blanches.
- Vous êtes des touristes ou des Anglais?
-  Je suis Anglais, dit Lord Guerinshire.
- Bien... heureusement que vous n'êtes pas des touristes. On n'en veut plus ici. L'été dernier ils sont venu, ils se sont baignés, ils ont fait fuir les phoques, bu tout le calva, fait tourner le lait des vaches.
- Vous voulez dire que les touristes, sont un peu vos plaies d'Egypte, rétorquais-je.
- Je ne sais pas où est l'Egypte, me répondit le paysan, mais si les touristes veulent y aller, qu'ils ne se gènent pas.
- Bonne idée, cela ferait un très bon business, dit Cousin Dove sentant une bonne affaire à développer.
- Enfin, bon, comme vous n'êtes pas des touristes, je vais vous guider et vous montrer nos préparatifs pour les repousser l'été prochain.

Il nous guida donc vers une immense étendue de sable recouverte de poteaux, de fils de fer barbelés, de rochers...

defenses-sword-beach.jpgDéfenses de Sword Beach

Là, c'était clair que pour aller s'étendre sur le sable, ce serait compromis, me dis-je... "Ca fait peur" dit Cousin Dove.
"Par contre, je ne vois pas la mer... l'avez vous fait disparaître?" dis-je naïvement. Cette réflexion amusa beaucoup mes amis et le paysan. Celui-ci me répondit que c'était la marée basse.

Plus loin, j'aperçus un édifice imposant que je pris pour une église. Il n'en était rien. Le paysan m'expliqua que cela servirait de cache cet été. Lui et ses amis s'y tiendraient armés jusqu'aux dents pour en chasser les touristes à coups de fusil.

bunker-a-Utah-Beach.jpgBunker à Utah Beach

Là, j'étais de plus en plus sidéré par les habitants de cette étrange contrée. S'ils savaient se montrer sympathiques et accueillants, leurs fanatisme à repousser les quelques Parisiens inconscients qui choisiraient de tenter de se baigner sur leurs plages l'été était quant à lui tout à fait choquant. Mais quelque part, je les comprenais. Nous autres en Espagne, voyons chaque été débarquer vers Barcelone des convois de touristes venus des Terres d'Empire, sur lesquelles règne le cousin de Sa Majesté Philippe II, Maximilien II. Par chance, enfin si on peut dire, avec la guerre en Flandre, nous n'aurons pas à supporter les Flamands l'été prochain.

"Si je puis me permettre, je pense que le climat de votre contrée est amplement suffisant pour repousser les touristes. En effet, on dirait que la pluie ne cesse jamais de tomber ici."
Le paysan me foudroya du regard et me répondit sèchement: "Il ne pleut jamais chez nous!" J'allais lui répondre mais Lord Guerinshire m'en dissuada d'un geste et répondit: "Veuillez pardonner à mon ami. Il ne sait pas de quoi il parle. Nous autres, Anglais, vous comprenons. Souvenez-vous de notre lointaine parentée..."
Cousin Dove lui glissa alors malicieusement: "Si vous n'étiez pas en train de mener une guerre larvée à l'Espagne, vous aussi, iriez grossir les rangs des touristes, quand bien même vous êtes entourés de plages..."

La conversation continua sur un ton badin et détendu, jusqu'à ce que le paysan nous propose d'aller boire un coup de calva chez lui. Et bien sûr, nous acceptâmes cette offre... La peste soit de notre naïveté! L'homme vivait non pas dans une maison mais dans un trou creusé dans une haie du bocage. Nous dûmes donc franchir des chemins boueux dans lesquels nous nous enfonçâmes jusqu'aux genoux. Là, il nous servit un repas copieux composé de vache au beurre et à la crème ainsi que son alcool "maison". Lequel avait un arrière-goût fort agréable. Cependant, je commis l'erreur de lui demander sa recette. Il me répondit alors qu'il y ajoutait le pus des pustules de sa chienne Bielka. Nous l'aurions volontiers tué mais les effets de cet alcool furent si dévastateurs sur nos corps et nos esprits que nous ne pûmes réagir. Nous sombrâmes peu après dans le sommeil du juste.


Bielka (Tunisie 2000)

Bielka.jpg

Par Titony - Publié dans : Récit
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 15:04

Buenos Dias Compadres!!

Longue fut mon absence... et un chouïa contre ma volonté. Rassurez-vous, je ne fus point embastillé à cause d'un écrit qui aurait déplu à un quelconque grand de ce Royaume... quoiqu'il m'a été rapporté que l'actuel roi de France soit en fait plus petit qu'il paraît. Je ne fus point envoyé non plus aux galères à la suite d'un acte de monicophagie (qui je vous le rappelle est une pathologie qui consiste à dévorer toute représentation de Sainte Monique) ou à une activité simoniaque... ni même pour ne pas avoir appliqué les préceptes de ma religion à la lettre.
J'avoue humblement que la perspective de me trouver au milieu d'une chiourme à l'odeur musquée, sous les coups de fouet d'un maître chauve et ventripotent, tous mes muscles tendus par l'effort inhumain et ma peau tannée par le soleil et le sel ne me plait pas du tout. Pourtant, je sais que certains parmi mes lecteurs les plus assidus trouveraient cela fort amusant.

Plus simplement et pour faire court, je fus éloigné de mon vieux manuscrit espagnol et du dictionnaire de l'Espagnol du XVIe siècle en 3 leçons ces derniers mois. J'ai pu remettre fort heureusement la main dessus et inutile de vous dire que la suite des aventures d'Antonio n'est pas tombée dans les Limbes. Il y a encore top de choses à dire: finir le voyage en France, dénouer les fils du complot, savoir si les joueurs de soule de Toulon vaincront... ou pas... critiquer des livres sur l'histoire de l'Espagne, parler des grands hommes qui firent le Siècle d'Or et j'en passe!

Comme un jour l'a dit un jour un bossu célèbre: "La route est droite mais la pente est forte"... ou bien était-ce "The Yes needs the No to win against the No."

A bientôt Compadres!

Par Titony - Publié dans : Récit
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